Au trot, les gladiateurs du Machefer

Joueur du Dimanche et photographe, c’est la lecture de Paris-Turf qui a fait germer en moi l’envie d’aller y voir de plus près ! Et c’est d’abord vers Grobois que mes yeux se sont tournés. Décembre 1994, mon fils Lucas est né la veille. Quelques jours plus tôt j’avais proposé à « Libération » un sujet sur le centre d’entraînement des trotteurs en banlieue parisienne, accepté ! Me voilà donc ce mardi 13 arrivant au château de Grosbois, jour de grâce, le soleil d’hiver se lève, la brume enveloppe la terre, il fait froid, et surgissent des silhouettes fumantes à quatre pattes et deux roues ; même les yeux fermés les photos auraient été bonnes. C’était la première fois, et chaque année depuis j’ai vécu d’autres émerveillements. Il faut avoir entendu une fois dans sa vie le martèlement cadencé d’un peloton à Vincennes temple mondial du trot. Ces chevaux attelés évoquant les courses de char de l’Antiquité, parfois habillés comme des gladiateurs le visage couvert d’un grillage. Et les hommes ! Drivers, visage maculé de boue, dont le sourire victorieux souligne par contraste des dents éclatantes.

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